On raconte qu’au début du XXe siècle, lorsque les brumes matinales s’accrochaient encore aux rives de la Meuse, une élégante maison de villégiature dominait la berge. On l’appelait Daisy, un nom doux comme un secret, gravé au-dessus de sa porte depuis sa construction en 1903.
La demeure appartenait à la discrète mais respectée famille Marguerite, dont les générations semblaient porter en elles un lien mystérieux avec les fleurs dont elles portaient le nom. On disait même que le jardin de Daisy fleurissait toute l’année, défiant les saisons, comme si l’amour lui-même en était le jardinier.
Un soir d’été, alors que le soleil disparaissait derrière la citadelle, teintant le ciel de rose et d’or, Émile Marguerite invita sa bien-aimée, Claire, à le rejoindre dans le jardin. Les lucioles dansaient, et une légère brise faisait frissonner les pétales blancs des marguerites qui bordaient l’allée.
Arrivés près d’un vieux banc de pierre, sous un arbre centenaire, Émile s’arrêta. Il sortit de sa poche une petite boîte en velours, tremblant légèrement.